Vers une Renaissance Congolaise : L’Ubuntu comme Pilier d’une Nouvelle Philosophie Nationale

La République Démocratique du Congo, un géant aux richesses infinies, demeure un colosse aux pieds d’argile. Pourquoi ? Parce que sa plus grande faiblesse n’est ni militaire, ni économique, ni géographique, mais philosophique. Une nation qui n’a pas une vision claire d’elle-même, qui ne sait pas pourquoi elle existe ni où elle va, est condamnée à l’errance et à l’échec.
Le Congo a besoin d’une philosophie, d’un socle idéologique qui donnera à son peuple un sens du devoir, de la responsabilité, et de l’engagement collectif. Cette philosophie existe déjà dans son héritage culturel et spirituel : les principes de l’Ubuntu, l’esprit du « Retour à l’Authenticité » initié par Mobutu (mal appliqué mais noble en théorie) et les valeurs chrétiennes qui dominent la société congolaise. Il ne s’agit pas d’en choisir un au détriment des autres, mais de les harmoniser pour forger une véritable identité nationale, porteuse de prospérité et de dignité.
L’Ubuntu : Une Philosophie d’Humanité et de Cohésion
L’Ubuntu, ce concept puissant venu des traditions africaines, signifie « Je suis parce que nous sommes ». Il place l’individu au service de la communauté, et la communauté au service de l’individu. Il encourage la solidarité, la bienveillance, l’entraide et le respect mutuel. Dans une société où l’égoïsme, la corruption et la division ethnique ont gangrené le tissu social, l’Ubuntu est le remède idéal pour reconstruire la cohésion nationale.
Imaginez un Congo où les dirigeants gouvernent avec un véritable souci du bien commun, où les élites économiques investissent dans des projets qui profitent au peuple, où la jeunesse comprend que son avenir ne dépend pas de la trahison et du clientélisme, mais du travail, du mérite et de l’innovation. C’est ce que l’Ubuntu peut inspirer.
Le Retour à l’Authenticité : Redonner au Congo son Identité
Dans les années 1970, Mobutu avait compris une chose essentielle : les Congolais devaient se réapproprier leur identité pour bâtir une nation forte. Son projet de « Retour à l’Authenticité » était une tentative de déraciner l’héritage colonial pour ancrer la société congolaise dans ses propres traditions et valeurs.
L’idée était brillante, mais l’échec est venu du fait que les institutions congolaises étaient trop faibles pour la soutenir. On a changé les noms, les vêtements, les symboles, mais les mentalités et les pratiques politiques sont restées profondément corrompues et anti-patriotiques.
Aujourd’hui, nous devons réactualiser ce concept et le lier aux principes de l’Ubuntu. L’authenticité ne signifie pas rejeter toute influence extérieure, mais plutôt réconcilier notre héritage culturel avec les exigences du monde moderne.
Un Congo authentique ne serait pas un Congo enfermé sur lui-même, mais un pays qui se redéfinit selon ses propres valeurs et non selon des modèles imposés de l’extérieur.
Christianisme et Morale Publique : Un Pont Vers l’Éthique et la Justice Sociale
Le Congo est l’un des pays les plus chrétiens au monde, avec une population profondément religieuse. Mais ce christianisme est trop souvent réduit à une simple pratique rituelle, déconnectée des réalités sociales et politiques. La religion n’est pas censée être une simple attente du paradis, mais un appel à transformer la société sur terre.
Dans le Notre Père, nous récitons : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Cela signifie que nous devons bâtir ici un monde de justice, d’intégrité et de prospérité. Un christianisme qui n’exige pas d’éradiquer la pauvreté, la corruption et la mauvaise gouvernance est un christianisme tronqué.
Les valeurs chrétiennes sont compatibles avec l’Ubuntu et le Retour à l’Authenticité, car elles prônent :
- La compassion et l’amour du prochain (Ubuntu)
- L’honnêteté et la responsabilité (Éthique politique et économique)
- Le travail et la persévérance (Valeurs traditionnelles africaines)
- La justice sociale et l’équité (Gouvernance et leadership éthique)
Un Congo chrétien authentique ne peut pas être dirigé par des élites corrompues qui pillent le pays pendant que les églises prêchent la résignation.
Pourquoi Une Philosophie Nationale est Cruciale ?
Les grandes civilisations qui ont prospéré avaient toutes une philosophie structurante :
- Les Juifs ont la Torah, qui a façonné leur résilience et leur capacité à exceller dans tous les domaines.
- Les Chinois ont le Confucianisme, le Taoïsme et le Bouddhisme, qui ont construit leur discipline et leur force collective.
- Les Japonais ont le Bushido, qui a fait du Japon une puissance mondiale en à peine un siècle.
- Les Américains ont le « Rêve Américain », qui nourrit l’innovation et l’ambition.
Et les Congolais, en quoi croient-ils ?
Aujourd’hui, la RDC n’a pas de philosophie qui guide sa gouvernance, son économie et son éducation. Le pays se laisse dominer par des anti-valeurs : corruption, tribalisme, égoïsme, court-termisme. Sans philosophie structurante, la RDC ne pourra jamais bâtir une nation prospère.
Une philosophie sert de filtre pour combattre les anti-valeurs. Elle :
- Éradique la corruption en imposant l’intégrité comme norme sociale.
- Encourage l’innovation et l’excellence pour le développement économique.
- Forge une identité forte qui empêche l’infiltration idéologique étrangère.
- Redonne un sens à la vie collective et à l’action politique.
Vers une Renaissance Congolaise
Le Congo n’a pas besoin d’attendre un miracle, il doit se réinventer. L’Ubuntu, le retour à l’authenticité et les valeurs chrétiennes bien appliquées peuvent devenir la colonne vertébrale d’une nouvelle vision nationale.
L’Ubuntu apporte la cohésion sociale et la solidarité.
L’Authenticité donne au Congo sa véritable identité.
Le Christianisme (bien compris) inculque l’éthique et la justice sociale.
Si la RDC veut rompre avec des décennies d’échec et de soumission, elle doit adopter une philosophie nationale forte. Sans cela, nous continuerons à être manipulés, dominés et divisés, pendant que d’autres peuples avancent.
Le temps de la Renaissance Congolaise est venu. Mais sommes-nous prêts à embrasser ce changement ? Ou allons-nous encore attendre, dans l’illusion que la solution viendra d’ailleurs ?