
Si l’on devait incarner la terreur qui sévit à l’est de la République Démocratique du Congo en un seul homme, Sultani Makenga serait l’un des premiers noms à surgir. Commandant militaire du M23, il est l’un des acteurs clés des massacres, des pillages et du chaos qui ravagent le Kivu depuis des décennies. Mais derrière cet homme de guerre se cache une vérité encore plus troublante : Makenga n’est pas un combattant pour une cause, il est un mercenaire d’État, un exécutant fidèle du régime rwandais.
Makenga ne dirige pas réellement le M23 ; il en est l’instrument militaire le plus fiable pour Kigali. Contrairement à Bertrand Bisimwa, qui sert de façade politique, Makenga est l’homme des basses besognes, celui que le Rwanda charge des missions les plus sanglantes. Il est responsable de l’exécution d’opérations militaires d’une brutalité extrême, visant non seulement l’armée congolaise, mais aussi les populations civiles, victimes d’exactions indescriptibles.
Ses mains sont imbibées du sang de milliers de Congolais. Des viols de masse aux déplacements forcés de populations, en passant par les massacres de villages entiers, son nom est inscrit parmi les plus grands criminels de guerre de la région. Mais son impunité est garantie par son protecteur rwandais, qui lui assure refuge et soutien logistique à chaque fois que l’étau se resserre autour de lui.
Makenga croit peut-être que son alliance avec Kigali le rendra intouchable. Pourtant, l’histoire nous apprend que les pions de la guerre finissent toujours par être sacrifiés. Avant lui, Laurent Nkunda était le chouchou de Kigali… jusqu’à ce qu’il devienne encombrant et soit mis à l’écart. Makenga subira le même sort.
Un jour, le Rwanda n’aura plus besoin de lui. Un jour, la RDC, forte d’une justice implacable, viendra réclamer des comptes. Il pourra fuir, se cacher, mais les crimes contre l’humanité n’ont pas de prescription.
Quand le vent tournera, Makenga ne pourra plus se réfugier derrière son uniforme ni derrière ses parrains étrangers. La justice des peuples est lente, mais elle est inévitable. La RDC ne restera pas à genoux éternellement. Et lorsque viendra le temps du jugement, Sultani Makenga fera face à la vérité de ses crimes.