Les Architectes du Chaos : Tshisekedi, Kabila, Nangaa et la Psychopathie Politique au Congo
Le destin de la République Démocratique du Congo aurait pu être celui d’un géant africain. Riche en minerais, stratégique sur le plan géopolitique, dotée d’un peuple résilient et créatif.

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- Publication Date:
le 21 mars 2025
- Location:
Kinshasa, RDC
- Research Focus:
Politique
- Key Findings:
Comment trois hommes ont trahi la nation congolaise, manipulé la démocratie, et plongé un peuple dans l'incertitude totale.
- Resource Link:
- Lead Researcher:
Congo Archives Editorial Team
- Key Findings:
Les Architectes du Chaos : Tshisekedi, Kabila, Nangaa et la Psychopathie Politique au Congo.
- Collaboration:
Congo Archives Editorial Team
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- Publication:
Results to be featured in Congo Archives.
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Les Architectes du Chaos : Tshisekedi, Kabila, Nangaa et la Psychopathie Politique au Congo
Comment trois hommes ont trahi la nation congolaise, manipulé la démocratie, et plongé un peuple dans l'incertitude totale.
« Le mal politique n’est pas toujours bruyant. Parfois, il se glisse dans le silence des institutions, dans les sourires d’apparat et les pactes nocturnes. Mais ses conséquences sont toujours tragiques. » — Inspiré de Machiavel et Achille Mbembe
Le destin de la République Démocratique du Congo aurait pu être celui d’un géant africain. Riche en minerais, stratégique sur le plan géopolitique, dotée d’un peuple résilient et créatif, elle avait toutes les cartes en main pour devenir un pilier du développement continental. Pourtant, elle est aujourd’hui l’incarnation même de l’effondrement politique moderne. Pourquoi ? Parce que ceux qui devaient incarner la République ont préféré incarner la ruse, la manipulation et le mensonge.
Ce texte retrace l’histoire de trois hommes — Félix Tshisekedi, Joseph Kabila et Corneille Nangaa — dont les choix politiques, les trahisons et les ambitions personnelles ont jeté le pays dans un gouffre. Ensemble, ils ont transformé la démocratie en parodie, le vote populaire en monnaie d’échange, et les institutions en armes contre le peuple. Ce n’est plus de la gouvernance : c’est de la psychopathie politique.
Trois figures dominent le récit de cette trahison collective : Félix Tshisekedi, Joseph Kabila, et Corneille Nangaa. Leur ascension, leurs manipulations, et leur refus obstiné de rendre des comptes témoignent non seulement d’un effondrement moral, mais aussi d’une pathologie politique que certains n’hésitent plus à qualifier de psychopathie d’État (un concept que nous utilisons ici pour désigner des comportements politiques caractérisés par une absence d’empathie, une manipulation stratégique, un mensonge pathologique, et une instrumentalisation totale du pouvoir sans considération pour la souffrance humaine, tel que décrit dans les travaux de Robert Hare et Machiavel revisités par Achille Mbembe).
Ce terme n’est pas une simple insulte. Il fait écho à la définition clinique : une absence totale d’empathie, un comportement manipulateur, un cynisme froid, et une capacité à détruire sans remords. C’est exactement ce que ces trois hommes ont fait à une nation de 100 millions d’âmes.
Joseph Kabila : 18 Ans de Règne pour Rien
Joseph Kabila est resté 18 ans au pouvoir. Dix-huit années pendant lesquelles il a eu toutes les cartes pour reconstruire la RDC. Mais que laisse-t-il derrière lui ? Pas de réformes. Pas d’infrastructures. Pas d’institutions fortes. Seulement un pays exsangue, rongé par la corruption et dominé par une élite militaro-financière qui se moque du peuple.
Il a gouverné à la manière d’un prince machiavélien, où la peur prime sur l’amour, où le pouvoir se maintient par la manipulation et la violence. Et comme l’avait prédit Jean-Jacques Rousseau dans Du Contrat Social, « la plus forte n’est jamais assez forte pour être toujours le maître, si elle ne transforme sa force en droit ». Kabila n’a jamais transformé sa force en droit. Il n’a fait que perpétuer l’illégitimité.
2018 : Un Coup d’État Électoral
Face à la pression populaire et internationale, Kabila renonce à un troisième mandat. Mais loin de jouer le jeu démocratique, il orchestre un plan plus diabolique : imposer un successeur fantoché. Son candidat officiel, Ramazani Shadary, était déjà voué à léchec. Alors Kabila retourne la table. Il passe un accord secret avec Félix Tshisekedi pour lui offrir la présidence à condition de maintenir l’ancien régime dans les coulisses du pouvoir.
C’est là qu’intervient Corneille Nangaa, président de la CENI. Selon les données de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo), qui avait déployé plus de 40 000 observateurs dans tout le pays, Martin Fayulu avait remporté les élections avec environ 60 % des voix. Ce constat, publié dans un rapport confidentiel mais largement relayé par des médias internationaux comme le New York Times et RFI, mettait clairement en doute la légitimité des résultats officiels proclamés par la CENI. Mais Nangaa, au mépris de la vérité des urnes, proclame Tshisekedi vainqueur. Ce n’était pas un simple déni de justice : c’était un viol du contrat social.
Comme le disait John Locke : « Quand les gouvernants violent la confiance du peuple, la rébellion devient un droit. »
Félix Tshisekedi : Complice, Puis Traître
Tshisekedi n’est pas une victime. Il est le fruit d’un pacte immoral. Il a accepté d’arriver au pouvoir non par la volonté du peuple, mais par la trahison des urnes. Plusieurs témoignages et câbles diplomatiques, cités dans des rapports d’ONG comme Human Rights Watch, montrent que des négociations secrètes ont eu lieu entre les entourages de Kabila et Tshisekedi avant l’annonce des résultats. Au lieu de dénoncer la fraude, Tshisekedi a choisi de pactiser avec l’ancien régime pour obtenir un pouvoir qu’il n’avait pas gagné dans les urnes. Il a marchandé la souveraineté nationale contre un fauteuil. Il a écrasé les espoirs de millions de Congolais qui croyaient en un changement authentique.
Mais une fois installé, il trahit aussi Kabila. Il tente de démanteler le système qui l’avait mis en place. Ce virage brutal provoque une guerre froide entre les deux clans, marquée par des purges, des menaces et une méfiance généralisée. Tshisekedi voulait le pouvoir pour lui seul. Pas pour la nation.
Corneille Nangaa : Du Fraudeur au Rebelle
Corneille Nangaa incarne la faillite morale de l’élite technocratique congolaise. Hier arbitre électoral, aujourd’hui chef rebelle. Il a lancé en 2023 la **Congo River Alliance, une coalition armée lancée en 2023 et soupçonnée d’être soutenue par des figures de l’ancien régime et possiblement des puissances étrangères. Le mouvement, dont les ramifications incluent d’anciens officiers FARDC et des chefs miliciens, vise à établir une alternative armée au régime de Tshisekedi. Ce revirement illustre la fragilité des institutions congolaises et le retour inquiétant des pratiques de guerre par procuration.
Il ne s’agit plus seulement de trahison politique, mais de haute trahison nationale. On passe de la manipulation à la militarisation. Nangaa ne cherche pas la justice. Il veut la revanche. Il révèle ainsi la véritable nature du pouvoir congolais : une jungle où la loi est un leurre et la loyauté un mythe.
L’État de Non-Droit : Vers un Abîme Définitif ?
Le Congo ne souffre pas d’un manque de ressources. Il souffre d’un défaut de moralité politique, d’une rupture totale entre les gouvernants et les gouvernés. Comme le dirait Achille Mbembe, le pouvoir postcolonial est souvent un théâtre de cruauté, où la violence se fait spectacle, et où la souffrance devient un mode de gouvernement.
Aujourd’hui, la RDC est à la croisee des chemins : continuer à tolérer ces figures démentielles, ou les traduire en justice. Le peuple a le droit, voire le devoir, de se soulever contre ceux qui gouvernent avec un cœur froid et une conscience morte.
Le Peuple Congolais Doit Reprendre le Contrat Social
Ce triangle infernal a démontré que le pouvoir, sans limites morales ni institutionnelles, devient un poison. Il est temps que la jeunesse congolaise, les intellectuels, les artistes, les paysans, les soldats eux-mêmes, se réapproprient la chose publique.
Le Congo n’est pas condamné à la tyrannie. Mais il ne sera jamais libre tant que ceux qui ont menti, trahi et tué pour le pouvoir continueront à se promener en toute impunité. Il est temps d’exiger une commission vérité et réconciliation sur les élections de 2018, des sanctions internationales ciblées contre les instigateurs de la Congo River Alliance, et une réforme institutionnelle supervisée par des entités indépendantes pour restaurer la crédibilité du processus électoral.
Comme le disait Frantz Fanon : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » La mission du peuple congolais est claire : rompre avec la psychopathie politique et refonder la République.
Lectures Complémentaires et Sources Indispensables
Pour approfondir les dynamiques de trahison politique, de manipulation électorale et de souffrance populaire en République Démocratique du Congo, voici une sélection de lectures et ressources incontournables, incluant des œuvres théoriques et des documents de terrain.
Sur l’élection truquée de 2018 et la vérité des urnes
- Rapport de la CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) – Le document le plus explosif sur les élections de 2018, confirmant que Martin Fayulu était le vrai gagnant. Ce rapport a été partiellement divulgué mais vous pouvez lire une analyse complète via RFI.
- “Congo’s Surprise: What Really Happened in the 2018 Elections” – Article du New York Times qui détaille les soupçons de fraude et le rôle du Vatican. Disponible ici.
Sur la psychopathie politique et le cynisme du pouvoir
- “Without Conscience” de Robert D. Hare – Un ouvrage fondamental sur les profils psychopathes, dont plusieurs traits s’appliquent à la gouvernance autoritaire. Lecture indispensable pour comprendre le concept de psychopathie d’État. Voir le livre ici.
- “De la Guerre” de Carl von Clausewitz et “Le Prince” de Machiavel – Deux classiques qui décryptent la logique brutale du pouvoir. Les deux montrent comment le cynisme peut devenir une stratégie de survie politique.
- Achille Mbembe – “Critique de la raison nègre” et “Politique de l’inimitié” – Pour une compréhension radicale du pouvoir postcolonial et de la violence étatique en Afrique. Présentation disponible ici.
Sur la trahison du contrat social en RDC
- Jean-Jacques Rousseau – “Du contrat social” – Une référence pour comprendre comment les institutions congolaises ont rompu leur engagement envers le peuple. Disponible gratuitement ici.
- John Locke – “Second traité du gouvernement civil” – Pour ceux qui veulent comprendre pourquoi une rupture du contrat social justifie la résistance du peuple contre ses gouvernants. Version gratuite en anglais.
Conflits actuels, armées rebelles et réseaux de pouvoir
- Human Rights Watch : rapports sur la RDC – Ces rapports documentent les violations des droits humains, y compris la répression politique, les fraudes électorales et les conflits armés. Accès ici.
- Rapports de l’ONU sur les groupes armés – La MONUSCO et d’autres agences de l’ONU publient régulièrement des rapports sur les réseaux rebelles, dont les liens avec des hommes politiques comme Nangaa. Accès ici.