La RDC : Un Pays Qui Chevauche une Carcasse en Décomposition
Dans un bureau poussiéreux à Kinshasa, des fonctionnaires en cravate débattent fiévreusement de la meilleure manière de faire avancer un cheval mort. L’un propose d’investir...

Dans un bureau poussiéreux à Kinshasa, des fonctionnaires en cravate débattent fiévreusement de la meilleure manière de faire avancer un cheval mort. L’un propose d’investir dans une nouvelle selle, un autre suggère un programme de nutrition intensive, tandis qu’un dernier réclame une conférence internationale pour analyser en profondeur la « crise du cheval ». Pendant ce temps, à Goma, des milices assassinent des civils sous l’œil indifférent d’une armée nationale démoralisée et corrompue.
Bienvenue en République Démocratique du Congo (RDC), où l’illusion du progrès a remplacé l’action, où la décomposition a été normalisée, et où chaque nouvelle crise est gérée avec les mêmes recettes absurdes. La RDC n’est pas simplement un pays qui chevauche un cheval mort – elle est devenue une nation qui exhume des carcasses, organise des funérailles d’État pour ses illusions et mendie des fonds internationaux pour acheter des fleurs à mettre sur sa propre tombe.
Un État qui refuse de vivre mais refuse aussi de mourir#
La théorie du cheval mort est une métaphore satirique qui décrit comment certains individus, institutions ou nations persistent à justifier des efforts inutiles face à des problèmes manifestement insolubles. Au lieu d’admettre l’échec et de changer d’approche, ils s’entêtent à faire semblant d’avancer. En RDC, cette logique n’est pas une simple aberration administrative – c’est un mode de gouvernance institutionnalisé.
Depuis plus de six décennies, la RDC tourne en rond, appliquant des solutions de surface à des plaies béantes. À chaque nouvelle crise, les mêmes absurdités sont répétées :
- Changer le cavalier au lieu d’admettre que le cheval est mort
→ La RDC a connu des présidents, des ministres et des gouvernements en cascade, mais jamais une remise en question des institutions pourries qui alimentent la corruption et l’inefficacité. Changer Tshisekedi par un autre politicien ne transformera pas un système hérité du colonialisme belge et jamais réformé, conçu non pour gouverner mais pour piller. - Former le cheval mort au lieu d’admettre son état
→ Depuis des décennies, les « partenaires internationaux » injectent des milliards dans des formations, des programmes de renforcement des capacités et des réformes fantômes. L’armée congolaise reçoit des formations, mais elle ne gagne jamais de guerre. La police reçoit des séminaires de lutte contre la corruption, mais les pots-de-vin restent la norme. En RDC, on croit encore qu’enseigner à un cadavre comment courir va le ramener à la vie. - Créer des commissions pour analyser la vitesse du cheval mort
→ À chaque scandale, une commission d’enquête est mise en place. Des experts sont convoqués, des rapports sont rédigés, des conclusions sont publiées… et tout le monde oublie jusqu’à la prochaine crise. Le pillage des ressources minières ? Une commission. Le M23 qui envahit le Kivu ? Une commission. La corruption dans la fonction publique ? Une commission. C’est la grande illusion congolaise : produire du papier au lieu de produire du changement. - Redéfinir la notion de « mort » pour justifier l’inaction
→ Quand les faits deviennent trop accablants, la solution congolaise est simple : changer la définition du problème. La croissance économique s’effondre ? On vante une « croissance inclusive ». La population s’appauvrit ? On célèbre « la résilience du peuple congolais ». Le pays ne contrôle plus son propre territoire ? On parle d’une « transition démocratique ». En RDC, l’art du mensonge est plus développé que l’art de gouverner.
Un pays sous respirateur artificiel#
La RDC est une nation qui ne fonctionne que parce que l’Occident ne veut pas la voir s’effondrer totalement. Ses dirigeants ne gouvernent pas, ils administrent la survie. L’État congolais n’a ni vision, ni projet, ni ambition. Il se contente d’exister, oscillant entre effondrement et stagnation, incapable de définir un destin collectif.
Contrairement à ce que certains aiment croire, la RDC n’est pas un pays pauvre – elle est un pays volé, trahi et démembré par ses propres élites. Le Congo détient les plus grandes réserves mondiales de cobalt, de coltan et d’autres minerais stratégiques indispensables aux technologies du futur. Pourtant, sa population crève de faim, faute de routes, d’écoles et d’hôpitaux fonctionnels.
La seule raison pour laquelle ce pays continue d’exister sur la carte du monde est qu’il alimente les industries occidentales. Si la RDC cessait demain d’exploiter son cobalt, elle deviendrait invisible aux yeux des puissances internationales.
Et maintenant, que faire ?#
Descendre du cheval mort ne suffit plus – il faut brûler la carcasse et reconstruire à partir de zéro. Voici les vérités brutales que la RDC doit affronter si elle veut un avenir :
- Reconnaître l’échec absolu des institutions héritées du colonialisme et les démanteler complètement
- La Belgique n’a jamais conçu un État pour le Congo, mais une machine à extraire des ressources. Depuis 1960, aucune réforme structurelle majeure n’a eu lieu. Il faut réécrire la Constitution, restructurer l’administration et créer un système qui sert la population, pas une élite prédatrice.
- Arrêter les solutions cosmétiques et imposer un électrochoc national
- Le temps des demi-mesures est révolu. Le Congo doit radicalement changer son rapport au pouvoir, à l’économie et à la gouvernance. Des pays comme le Rwanda ou Singapour ont montré que la transformation est possible – mais elle exige des décisions brutales et des réformes profondes.
- Traiter les élites politiques pour ce qu’elles sont : des traîtres à la nation
- Le Congo n’a pas un problème de ressources, il a un problème d’hommes. Tant que la politique restera un business de prédation, rien ne changera. Il faut imposer une régénération totale de la classe politique, avec de vraies sanctions contre la corruption, des purges administratives et des jugements pour haute trahison.
- Réorienter l’économie vers la population, pas vers l’exportation brute des minerais
- Un pays qui exporte ses richesses sans les transformer ne se développera jamais. La RDC doit imposer des partenariats économiques où les matières premières sont exploitées et transformées localement, avec des infrastructures adaptées et une main-d’œuvre qualifiée.
- En finir avec la victimisation et assumer un destin national ambitieux
- La RDC passe trop de temps à pleurer sur son sort au lieu de prendre son destin en main. Les excuses sur la colonisation, les puissances étrangères et les complots occidentaux ne suffisent plus – le changement viendra des Congolais eux-mêmes, ou il ne viendra jamais.
Conclusion : Arrêter la Comédie, Construire un Futur#
Le Congo ne peut plus se permettre d’être un pays qui survit, qui mendie, qui espère naïvement que les choses vont changer par miracle. Le temps du diagnostic est fini – le temps de l’action est arrivé. Tant que les Congolais accepteront de chevaucher une illusion, tant que les élites continueront à danser autour du cadavre du pays, le Congo restera une nation fantôme, un rêve brisé, un chaos organisé où l’Histoire ne cesse de se répéter.
La vraie question n’est plus « Que faire du cheval mort ? »
La vraie question est : « Quand allons-nous enfin cesser de chevaucher l’échec et commencer à bâtir le renouveau ? »